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Les royaumes et empires :
plusieurs empires vont se
succéder jusqu'au XVIème siècle. Ce sera dans un premier temps celui de l'empire
du Ghana fondé par les Soninkés qui durera du VIIIème siècle au XIème siècle,
puis celui de l'empire du Mali réalisé par les Manding du Haut Niger entre le
XIIIème siècle et le XVème siècle et enfin l'empire Songhay qui domina du XVème
au XVIème siècle toute la bande soudano-sahélienne depuis le Sénégal jusqu'à la
boucle du Niger.
L'empire du Jolof qui dura de 1200 à 1550 est un moment important pour
l'histoire du Sénégal. Le royaume Djolof, noyau de l'actuel Sénégal, a été fondé
au XIII- XIVème siècle par Ndiadian Ndiaye et dura jusqu'en 1549. Ce roi aurait
rassemblé les tribus wolof et son royaume devint un vaste empire dont le
territoire s'étendit sur tout le Sénégal actuel.
Les navigateurs portugais parviennent en 1443 aux bouches du fleuve Sénégal
et s'implantent dans l'île de Gorée d'où ils pratiquent le commerce de l'or et
des esclaves pour développer leur colonie du Brésil. D'autres comptoirs
s'établissent progressivement par d'autres nations, en particulier les
hollandais, les anglais et les français à Saint-Louis en 1659 puis à Gorée en
1677. Par le traité de 1763, les Anglais obtiennent la cession par les Français
de toutes leurs implantations sénégalaises à l'exception de Gorée. En 1779, la
France se rétablit à Saint-Louis. En 1809, les Anglais reprennent le Sénégal,
mais par le traité de Paris de 1814, ils restituent aux Français tous les
établissements qu'ils possédaient en 1783 tout en restant présents à l'intérieur
des terres.
Les villes de Saint-Louis et Gorée, repris en 1817 comptent près de 10.000
habitants dont une bourgeoisie locale de métis catholiques ou " habitants ",
négociants et propriétaires fonciers qui reçoivent des droits politiques en
1848. Seule la culture de l'arachide prendra corps, les autres tentatives ayant
toutes échouées. L'interdiction de la traite des esclaves en 1818 puis son
abolition en 1848 entraînera un déclin inexorable de Gorée, Saint-Louis se
reconvertissant dans la gomme arabique.
Le gouverneur du Sénégal, Faidherbe, entre 1845 et 1860 puis de 1863 à 1867
établira la communication entre Saint-Louis et Dakar, encouragera la culture de
l'arachide et fondera des écoles. La conférence internationale de Berlin
(1884-1885) va consacrer la présence française au Sénégal, la France abandonnant
en 1857 le comptoir d'Albreda sur la Gambie. En 1890, le Sénégal est déjà
constitué par ses frontières actuelles.
Seuls les habitants des Quatre communes sont considérés comme des citoyens
français et peuvent à partir de 1848 élire un député pour les représenter à la
Chambre française. Hors de ces zones urbaines, les Sénégalais sont sujets
français, sans droits civiques. En 1895, le gouverneur du Sénégal devient le
gouverneur général de l'Afrique Occidentale française (AOF). En 1904, les
limites avec le Soudan et la Mauritanie sont fixées.
L'économie se développe, notamment à partir de grands travaux : ainsi, le
chemin de fer Dakar-Saint-Louis est achevé en 1896. La culture de l'arachide
s'intensifie en dépit des crises et des vaines tentatives de diversifier les
produits agricoles. Le Sénégal va participer activement aux deux guerres
mondiales avec les célèbres tirailleurs sénégalais qui regroupent en fait des
combattants venus de différentes parties de l'AOF.
Le 30 janvier 1944, la conférence de Brazzaville prévoit la participation des
colonies à l'Assemblée constituante. Les deux députés socialistes du Sénégal,
Lamine Gueye et Léopold Sedar Senghor jouent un rôle important à cette
assemblée. En mai 1946, Lamine Gueye obtient pour tous les habitants des
Colonies le statut de citoyen. La Constitution de 1946 reconnaît aux peuples
d'outre-mer le droit de se gérer en tant que collectivité territoriale au sein
de l'Union française. Senghor devient secrétaire d'État dans le cabinet Edgar
Faure de 1955 à 1956.
La loi cadre votée en avril 1957 prévoit des institutions administratives
décentralisées, accordant aux territoires d'outre-mer une semi-autonomie qui
préfigure l'indépendance. Par référendum du 28 septembre 1958, le Sénégal
choisit le statut de république autonome et cherche à former une fédération avec
d'autres états d'AOF. Suite aux négociations ouvertes à Paris en janvier 1960,
le Sénégal et le Soudan français deviennent pleinement indépendants le 20 juin
1960 sous le nom de " fédération du Mali ", mais les dissensions entre les deux
pays provoquent son éclatement dès août 1960.
En septembre 1960, le Président Senghor est élu président de la République.
Après avoir intégré certains me
mbres de l'opposition et contraint les autres à l'exil, le Président Senghor
se sent assez assuré pour autoriser en 1974 la fondation de trois partis
d'opposition tandis que le BDS devient Parti socialiste. En politique étrangère,
le Président Senghor s'efforce de jouer un rôle modérateur et maintient avec la
France des liens étroits de coopération. Le 1er janvier 1981, il démissionne et
transmet le pouvoir à son premier ministre, Abdou Diouf.
Le Président Abdou est élu en 1983. Les élections de 1988 consacrent à
nouveau le parti du Président Abdou Diouf.
En Casamance, à partir de 1982, le pouvoir doit faire face à une rébellion
séparatiste (MFDC).
Dans les années 1990, Me Wade est par deux fois associé au gouvernement avant
de regagner l'opposition. En 2000, le scrutin présidentiel permet la victoire de
Me Wade avec 58% des suffrages.
Agées de
plus de quatre-vingt années, les entreprises d'Etat sénégalaises figurent parmi
les doyennes du continent. A un moment où la question de l'action de l'Etat est
une nouvelle fois posée, tant par les politiques de privatisations que par le
débat né de l'alternance politique, cet ouvrage se propose de faire le point
exact sur les réalisations enregistrées par les sociétés d'Etat sénégalaises.
Largement décrié par la mauvaise qualité de ses services publics, le
clientélisme et la gestion sulfureuse de certains établissements, le secteur
public sénégalais n'en a pas moins enregistré de véritables succès.
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